Les Agenêts

Démolition et construction de 34 logements locatifs sociaux et d'un socle à destination de d'une crèche et d'un local associatif

Coût du projet : 4 520 000 euros TTC

Surface : 2675 m²

Maître d’ouvrage :  Nantes métropole Habitat

Maître d'oeuvre : Block Architectes / Conception réalisation avec Sogea

Concours 2016

 

CONTEXTE URBAIN, ANALYSE, INTENTIONS

Ce qui surprend d’emblée le visiteur en arrivant sur le site, c’est l’éclatement du bâti qui se confronte uniquement à des fonds de parcelles dont les façades tournent le dos aux construction existantes. Le site est la confrontation d'un urbanisme de faubourg et de la ville moderne, celle des grands ensembles qui a construit des espaces ouverts sans réelles accroches. Véritable enclave au cœur de la trame urbaine, massivement pavillonnaire, le site des Agenêts est un parc habité en pleine ville, dont les espaces publics sont peu lisibles. La rue est absente.

Passé ce constat, les qualités intrinsèques du site se révèlent : la quiétude ambiante, les masses paysagères préservées du parc moderne mais aussi les maisons et les immeubles de faubourg de la rue des Chalâtres formant un tableau d’architectures mitoyennes.

Ces ruptures d'échelles, le rythme et l'hétérogénéité de l'architecture constituent un patrimoine, une identité de quartier encore peu lisible. C'est à partir de cette "couleur" que le projet doit s'articuler. Dès lors, il s’agit d’initier un projet qui vienne clarifier et mettre en ordre ces contrastes urbains. Ainsi le projet consistera à créer un trait d'union entre la trame urbaine existante et le projet de reconstruction.

 

PARTI ARCHITECTURAL, L'IMAGE

Le projet propose de rompre partiellement avec la logique d’occupation du sol actuelle en développant une logique architecturale qui trouve son origine dans le parcellaire plus structuré et le plus serré, bordant la rue des Chalâtres et la place Victor Richard. Là, il n'est pas question de réaliser une architecture monumentale mais au contraire de dessiner la rue, d'organiser les frontalités et les vides. Nous avons également souhaitez éviter l'effet de socle qui sépare et alourdi l'espace public mais nous avons privilégié des constructions verticales qui s'ancrent dans le sol et relient la terre et le ciel. Notre parti urbain est de dessiner une continuité bâtie de l’ilot tout en ménageant les perspectives existantes de la trame linéaire de l'architecture moderne des Agenêts. Pour ce faire, le travail sur le volume construit a consisté à épaissir le gabarit afin de pourvoir fragmenter le programme de 34 logements en deux plots tout en conservant un rez-de-chaussée continu. Ce gabarit nous a permis de développer un plus grand linéaire de façades sud et l'ensemble des logements en double orientation.

En relation avec le maillage urbain existant, le volume permet de favoriser des séquences bâties et de hiérarchiser les différentes entités du programme. Ainsi le vide créé entre les deux plots devient l'entrée de la crèche qui distribue de part et d'autre les halls des logements. Cet élément de petite échelle se veut une maison rassurante qui marque le centre du projet. Cette intention formelle accentue l’unité, la cohésion et la consistance de l’architecture de l'ilot.

 

L’hétérogénéité des volumes s'impose ici comme relation au contexte mais aussi comme image d’une mixité fonctionnelle.