VILLIOT RAPEE LOT 7

26 logements type maisons de ville à Paris 12eme

Maître d’ouvrage : OPAC 75

Architectes : Block, architecte mandataire / collaborateur: Jean-Benoit Vétillard / BET : CETRAC

S.H.A.B : 1837 m²

Coût du projet : 3 697 000 euros HT

Date de conception : Février 2008

Le projet est situé en bordure de Seine à Paris, 12eme, à l’angle de la rue Villiot et du quai de la Rapée dans un environnement à dominante tertiaire. Le programme prévoit la construction d’une vingtaine de maisons de ville en bande qui marqueront les limites Nord et Est de l’îlot. 

Malgré une situation parcellaire difficile l’objectif sera d’optimiser l’apport lumineux tout en préservant l’intimité extérieure et intérieure des logements.
Le projet dessinera clairement la limite de l’îlot tout en ménageant une porosité généreuse du parc vers les logements.

 

Le projet sera un mur habité, celui du jardin qui fixe la limite et le fait exister. Le projet formera une interface architecturale entre le « planté » et le « bâti ». Il dessinera une densité végétale qui marquera clairement le trajet du naturel vers l’artificiel, du social vers l’intime. De même le projet affirme une articulation verticale entre le sol et le ciel. Ainsi ce projet sera celui du sol, de l’inertie, du rapport au corps, tout en étant celui de la lumière et de la présence du ciel dans les logements – un carré de ciel pour tous. Le projet sera celui du plaisir d’habiter.

 

Le principe architectural consiste a dessiner une épaisseur poreuse à partir du gabarit maximum et variation volumétrique autorisé. Elle a pour rôle de dessiner une limite. La répartition des différentes typologies d’habitat se décline à travers un système modulaire et tramé. Ce processus d’agrégation contribue à la fabrication d’une limite complexe à partir d’éléments géométriques simples. L’idée d’un mur déconstruit selon le programme, l’espace et la lumière est la base du processus géométrique de dessin volumétrique. Ainsi sur la base de deux trames les maisons, du T1 au T5, se répartissent sur deux ou trois niveaux. Ce système modulaire permet de gérer au mieux l’évolution du programme au cours des phases de conception. Les modules peuvent s’invertir facilement. 
Le projet affirme un rapport au sol :
Chaque logement s’articule selon un scénario progressif entre l’espace public et l’espace privé décomposé en 3 temps :
1 - un socle végétal absorbe la cote PPRI (+34.50 ngf ) au RDC et intègre une cour d’entrée privative extérieure. Ce dispositif individualise le processus d’entrée:
2 - la cour dessert une terrasse protégée des regards extérieurs. Cette terrasse est en relation directe avec l’unité de vie située au R+1. Elle est support d’implantation de véranda. Elle forme un espace tampon, accès principal du logement. :
3 - L’unité de vie est un espace traversant. Elle assure une distribution latérale ou verticale des espaces nuit. Cet espace se compose toujours d’au moins une chambre, de sanitaires, d’une cuisine et d’un séjour adapté aux PMR. :
Le socle végétal intègre une partie du bâti au RDC. Les zones « nuit » y sont implantées. Cette disposition permet un confort thermique et acoustique supplémentaire. Elle contribue fortement à l’inertie du bâtiment. Ces espaces forment une série de lieux protégés et marqués par l’épaisseur. Ces zones perméables permettent en outre la gestion naturelle des eaux de ruissellement et de toitures. Elles participent au système jardin comme extension technique et sensible du traitement végétal du cœur d’îlot. Dans le développement futur du projet, ces jardins seront pensés en cohérence avec l’aménagement paysager global. :

Le projet propose un dispositif structurel radicalement orienté vers la lumière selon les deux principes suivants : 

1 - Avoir l’unité de vie principale au R+1, au plus proche de la lumière. 
2 - Utiliser la cinquième façade comme façade principale pour capter la lumière par un ensemble de verrières. L’apport lumineux zénithal est nettement supérieur aux apports lumineux en façades verticales. 

Dans ce site marqué par l’ombre projetée des bâtiments existants, ce dispositif en toiture, permet de garantir un éclairage naturelle optimum des pièces de vie. Ce dispositif permet également de réduire le taux d’ouverture en façade verticale : l’intimité des logements est préservée et les performances thermiques des parois sont optimisées. 

Au cours des périodes chaudes de l’années les systèmes de puits de lumière bénéficient d’ouvertures qui permette une ventilation naturelle. Le principe de ventilation fonctionne avec des prises d’air dans les zones fraîches en partie basse et une évacuation en toiture. Il constitue la climatisation du logement sans mécanique ou technique particulière. L’enclavement de l’îlot augmente les surchauffes solaires (manque de ventilation) en été et rend impératif ce type de disposition. 

Le modernité, la forme : 

La forme de la boite industrielle a été privilégiée par rapport à l’idée de la « maison icône ». Le contexte architectural à forte dominante d’architecture dite « internationale » ou néo-moderne ne rend pas pertinent le rapport au signe trop marqué de la maison. Le projet est pensé dans une dialectique architecturale déduite directement de son environnement. L’ensemble des parois verticales et horizontales est recouvert d’une enveloppe métallique constituée de trois couleurs. La répartition rythmique des trois teintes sur le bâti se superpose à une autre complexité graphique et un rapport d’échelle différent. Les cinq façades des maisons de villes ont un dessin toujours en mouvement qui construit une « géométrisation de la nature ». 
Les accès, l’accessibilité : 

Au Nord le long du mur mitoyen, le socle végétal intègre un circulation au R+1 qui dessert l’ensemble des unité de vie. Cet espace est un lieux social. Il constitue une extension des terrasses. Son accès s’effectue depuis l’angle de la parcelle (nord) par un rampe à 4% et un escalier. Cette disposition permet l’accès aux personnes à mobilités réduites à toutes les unités de vie.