Résidence "Les Villas Plaisance" : réhabilitation et construction de 227 logements

Restructuration et Réhabilitation de 197 logements
Construction de 36 logements  neufs

Quartier Plaisance à Saint Nazaire
Budget prévisionnel pour la Restructuration et Réhabilitation : 6 740 000€
Budget prévisionnel pour  les logements neufs : 3 321 000 Euros HT, Sdp : 3144 m2
Conception : Concours lauréat Juillet 2014 - Livraison 2018
Maître d’ouvrage : Silène
Maîtrise d’oeuvre : BOUCHETON architecte ; BLOCK architectes, Co-traitants : CETRAC

Contexte urbain

Une nappe pavillonnaire qui encercle au plus près l'ensemble des années 60, un boulevard Laënnec drainant un trafic dense et bruyant, et, un peu à l'écart, presque hors-sol, une autre résidence récente au propos architectural radical, flottante à l'orée d'une plaine sportive.

Au centre de ce cadrage d'un kilomètre carré, la résidence affiche une géométrie décomplexée, faite de longs volumes parfaitement axés nord-sud, implantés à distance aimable les uns des autres. Les immeubles semblent posés sur une nappe de sol aux contours aussi nettement marqués et soulignés que sa surface est floue, non-affectée, générique.  Ici, même la topographie s'estompe tant l'espace est dilaté : dans ce continuum en recherche d'identité, tous les parcours sont possibles mais aucune halte n'inspire.

La problématique urbaine qui est posée en préambule de cette étude trouve ses racines à deux échelles de territoire. Celle du quartier tout d'abord, puis celle de l'îlot. A l'échelle du quartier, La résidence souffre de la confrontation stérile et radicale avec le tissu pavillonnaire. A l'échelle de l'îlot, la résidence souffre de l'absence quasi-systématique d'affectation des espaces et de leur monotypie.

Le projet présenté ici propose d'établir un rapport équilibré entre la résidence et son quartier sur la base d'une forme d'hybridation des échelles pavillonnaires et collectives sur ses franges et en son coeur.  Ce principe d'immixtion de la nappe pavillonnaire, dans un rapport d'échelle intermédiaire avec la typologie urbaine de la résidence sera l'opportunité d'une colonisation de l'ensemble des espaces interstitiels entre les immeubles, à partir des franges sur espaces publics jusqu'aux fonds de parcelles, d'un front pavillonnaire à un autre

Les "Lanières d'usages"

Les immeubles de Plaisance sont espacés d'une trentaine de mètres. Cela configure un espace à la fois étroit (échelle de la ville) et large (échelle du logement). Il est proposé dans cet espace de faire coulisser des lanières d'urbanisation de largeur invariable et qui endosseraient tour à tour dans leur développement linéaire toutes les fonctions d'une ville « aimable». Y seront déclinés les thèmes de l'habitat, du stationnement, du jardin d'agrément, du jardin utile, de l'espace partagé et associatif, du jeux pour les petits, de l'espace appropriable pour les grands, …etc. (Un exemple à Nantes, montre la possibilité de la cohabitation d'usages publics et privés dans ce même type de cadre dimensionnel : c'est celui du Cours Cambronne … à la condition d'un travail fin de différentiel altimétrique entre les fonctions).

La "Maison de ville"

Ici, le projet architectural établit une « narration » à partir du site. Il ménage l'espace nécessaire à la création d'un lieu et d'un territoire commun. 

Les "maisons de ville" forment de grandes maisons partagées, composées à partir des attributs de la maison individuelle comme autant de signes d'identification. Au sein de leur clôtures, elles disposent chacune d'entrées, de garages, de caves, de portillons, de jardins privatifs, jardins d'hiver, balcons, terrasses. Chaque élément enrichit le volume et permet d'identifier son logement dans un souci d'appropriation individuelle.

Restructuration

Le principe retenu est la mise en oeuvre d'une gaine d'ascenseur placée à l'extérieur de la construction existante et desservant tous les logements d'un même palier par le biais d'une réduction de surface d'un logement au bénéfice d'un palier complémentaire.

Ce projet d'accessibilité pose les conditions d'un « épaississement » du domaine de l'habitat qui prend la forme d'une sur-façade fonctionnelle. Autoportée, accolée à la façade sud des existants, cette épaisseur est le lieu de nouveaux usages collectifs et privatifs :

- Les parties communes s'agrandissent et gagnent en éclairage naturel. Les paliers sont plus confortables et l'on y aménage des locaux-poussettes d'étage (partagés entre 4 logements). Le hall en pied d'immeuble est mieux adressé et lisible à partir de l'espace public.

- Les logements se dotent de séchoirs à claire-voies et/ou de celliers sur des terrasses généreuses en largeur et en longueur. Celles-ci sont en partie équipées de châssis à simple-vitrages coulissants qui offrent la possibilité de former un jardin d'hiver et de bénéficier des apports solaires passifs. Dans le cas de certains appartements, notamment certains T4 de Plaisance 1 ces jardins d'hiver doublent la surface de la pièce de vie.